Vendredi 17 juillet 2009
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La SNCF emploie des sous traitants pratiquant le travail illégal, et cela doit désoler mon ami gérard qui a tant oeuvrer pour la
disparation de ce malheur...mais il a pris sa retraite ! Il m'avait raconté sa dernière mission : à quinze jours de sa fin d'activité il fut requis par le procureur de la République en qualité de
"sachant" (il était plutôt candide).
Dans sa belle ville, tous les ans, une fête foraine s'installait à proximité des complexes cinématographiques, dans un terrain
appartenant à la mairie. Le patron des forains agaçait depuis longtemps les autorités policières, surtout qu'il semblait avoir des appuis du coté de la municipalité (nous n'étions pas loin d'une
élection). Pour se venger de ce manque de considération, la gendarmerie avait décidé de le faire tomber pour emploi de personnel non déclaré. De la grande roue aux auto tamponnantes, ce serait
bien le diable s'il n'y avait pas le moindre guss employé sans papier. Dans ce cas, comme dans la fable Pierrette et le pot au lait, on lancerait immédiatement une perquisition à son domicile, et
là on trouverait à coup sur de la drogue, de la fausse monnaie des lingots d'or et peut être des armes..ce forain pourrait fournir al quaida ?
Les pandores avaient tout observé depuis des semaines, pris des photos d'hélicoptères, fait des tours de grande roue, tout était
cartographié, les points stratégiques soulignés, l'opération était minutée.
Mon Gégé qui se dit Zen, ne brillait guère, les opérations coup de poing n'étant pas son point fort...Surtout qu'après la réunion
secrète au QG de la gendarmerie, il avait appris que celle ci avait mobilisé, des gardes mobiles chargés de bloquer les points d'accès (une brigade en tenue de combat), des douaniers, des chiens
renifleurs, des inspecteurs des impôts, de l'urssaf, des policiers de la BRC et des gendarmes à profusion... On vous le dit, la guerre !
Gégé avait le droit de choisir ses partenaires et il passa sans doute le temps de cette réunion à scruter les visages, cherchant
les moins motivés avec lesquels il allait faire une belle équipe; son choix était fait, il avait choisi le manège, "le train fantôme" et les pandores qui allaient avec, rassuré par leur dernière
parole :"tout sauf faire les cow-boys"; à 10 heures, les véhicules étaient positionnés prés des cinémas; dans sa voiture gégé n'eut que le temps d'entendre 'Alpha bravo, go ' puis il se sentit
projeté à l'arrière, dans la poussière et à toute allure sa clio pilotait par un fangio de la gendarmerie se dirigeait droit sur le train fantôme. Avant d'arrivée il fit un dérapage pour partir
dans le bon sens en cas d'urgence... et là, ces 2 hommes qu'il avait cru paisibles, se mirent à courir en sortant de la voiture, mais que faire devant une baraque foraine immobile,
l'encercler, la sommer de se rendre, surtout que la porte était ouverte... Heureusement pour sauver l'honneur, la baraque offrait une modeste échelle permettant de monter sur son toit,
gentiment décoré de petites lumières. Gérard vit les deux gendarmes escalader l'échelle et tambouriner sur le toit avec les pieds, tandis que trois personnes sortaient, elles, par la porte, en
criant, " on est là, qu'y a t il ?"
Gérard avait fréquenté les trains fantômes, il connaissait le petit placard où se cache la petite main qui vous pince à chaque passage
et qui devait abriter le quatrième loustic, mais il en avait trop vu et laissa faire les hommes de l'art. J'ai récupéré Gégé au petit restaurant habituel, vers 12H15, il m'a raconté sa belle
matinée; J'ai depuis regardé la presse locale, je n'ai vu qu'un petit entre filet relatant la belle opération menée. D'employés clandestins pas un seul de trouvé, ils avaient tous pris le
train fantôme.
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